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IBA MAR FAYE, MEMBRE DE LA DYTAES

« La DyTAES recommande de mettre en place un cadre national de dialogue regroupant tous les acteurs pour la transition agroécologique… »

 Comment parvenir à nourrir une population en croissance continue, par des systèmes alimentaires durables adossés à des modes de production, dont la durabilité est garantie ?

 « Telle est la question qui se pose aujourd’hui à tous les pays, notamment à ceux de l’Afrique de l’Ouest, dans le contexte de la dégradation de l’environnement, et de la menace climatique. Les défis liés à cette question nous interpellent tous : États, Producteurs, consommateurs, élus, partenaires techniques et financiers, chercheurs, entreprises privées, organisations de solidarité… bref, la société dans son ensemble. Vous conviendrez certainement avec moi, que la réponse aux défis soulevés par cette question, reste éminemment politique. Elle l’est davantage si l’on prend en compte les questions sécuritaires, et de stabilité sociale, sous-jacentes que, « les émeutes de la faim » avaient révélés en 2007 et en 2008. Ces défis interpellent notre pays et, nous sommes conscients que, nos autorités fournissent des efforts considérables, pour les relever », a soutenu d’entrée, jeudi matin à Dakar, face à la presse agricole sénégalaise (www.rondelleplus.org), Monsieur Iba Mar Faye, Membre de la Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal, au cours de la cérémonie officielle d’ouverture et dans le contexte de lecture de son texte liminaire axé sur la : « Communication-présentation du contenu du document de contribution de la DYTAES ». A en croire, Monsieur Iba Mar Faye, en ces termes : « Conformément aux orientations de l’agenda 2030, sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), et de celui 2063 de l’Union Africaine, le Plan Sénégal Émergent (PSE), référentiel de la politique économique et sociale à moyen et long termes, met en avant la transition agroécologique, comme le chemin indiqué pour des systèmes alimentaires durables. En effet, le Président de la République compte sur l’initiative « PSE vert » pour, je cite, « sécuriser, “voire sanctuariser” (…) l’alimentation des générations futures » (fin de citation). Oui !!! Il faut le reconnaitre, cela témoigne d’une volonté politique forte, au plus haut sommet de l’Etat. Pour notre part, nous avons compris cet engagement politique, comme un appel au sursaut, et à la mobilisation pour le changement, mais aussi, comme une invitation à l’action. Oui c’est le temps du changement !!! Le temps de l’action !!! Nous avons par ailleurs perçu cette volonté politique affichée, comme une main tendue de l’Etat à tous les acteurs pour une forte contribution à la transition agroécologique. En initiant ce cadre qu’est la DyTAES, « Dynamique pour une Transition AgroEcologique au Sénégal », Agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, usagers des forêts, citoyens-consommateurs, organisations communautaires, collectivités territoriales, organisations non-gouvernementales, chercheurs et entreprises privées, ont tous voulu répondre efficacement à cet appel. Engagés depuis longtemps dans des actions en lien avec la transition agroécologique, les membres de la DyTAES ont décidé de mettre en contribution, leurs expériences et leur engagement, au service, d’une dynamique nationale, de transition agroécologique. Convaincuequ’ils sont, que dans le contexte actuel, la transition agroécologique est un choix, conforme au cadre politique et stratégique national ; convaincueaussi, que sur le chemin de cette transition, notre pays, ne part pas de « zéro », au vu des acquis majeurs, issus des actions, à la fois de l’Etat et d’autres acteurs, notamment, les exploitations familiales et les femmes, la DyTAES se veut porteuse d’espoir. Cet espoir-là, qui nourrit l’idée, qu’il est toujours possible de renverser la tendance, et de gagner le pari du changement, de nos modes de production et de consommation malgré les contraintes ». « Pour partager cet engagement porteur d’espoir, la DyTAES a fait montre, d’esprit d’inclusion, de transparence et de participation citoyenne dans le processus de construction de sa contribution. A ce titre, ce processus a mobilisé plus d’un millier de personnes, pendant près de 5 mois de consultations réalisées dans les 6 zones éco-géographiques du pays, avec les acteurs à la base, ainsi que dans la capitale sénégalaise avec les consommateurs. De Dakar en Casamance, en passant par les Niayes, le Sénégal oriental, la vallée du fleuve Sénégal et la zone sylvopastorale, nous avons pu percevoir chez les communautés, les interrogations des femmes, gardiennes de la sécurité alimentaire des ménages, sur les difficultés plus accentuées, à remplir les greniers. Nous avons également pu mesurer, la diversité des questions restées sans réponse que le monde rural se pose, et qui sont liées à la faible résilience face aux aléas climatiques et aux bio-agresseurs ; une utilisation excessive et non-durable des ressources naturelles telles que l’eau, le sol et la forêt ; une dépendance élevée, voire chronique aux intrants exogènes. Nous avons par ailleurs pu lire, les effets néfastes de la forte extraversion des modèles de consommation, sur la majeure partie des citoyens-consommateurs. Ces derniers ont du mal à accéder à des produits sains, et pourtant, pour des raisons nutritionnelles et sanitaires, ils souhaitent aujourd’hui, inverser leur modèle de consommation, en faveur des produits agroécologiques. Ces situations ont interpellé la DYTAES dont, le processus de consultations a permis, à partir de l’identification de 15 principaux défis, de proposer des orientations politiques, et de formuler, des recommandations en faveur d’une transition agroécologique, centrée d’abord sur les exploitations familiales ASPH qui, faut-il le rappeler, nourrissent les sénégalais. La DyTAES appelle à la construction d’une politique intégrée et holistique, reposant, sur une intervention coordonnée, dans plusieurs secteurs, et capable de prendre en compte, le caractère multidimensionnel et transversal, de la transition agroécologique. Quatre axes essentiels structurent cette proposition. Il s’agit de : l’amélioration et la sécurisation des bases productives ; l’accroissement durable de la productivité, et des productions ASPH ;  la promotion des produits issus de l’agroécologie dans les chaînes de valeur ; l’amélioration de la gouvernance, des conditions cadres, et du financement du passage à l’échelle, de la transition agroécologique à l’horizon 2035 », a argumenté, face au reporter du 1er Journal en Ligne Agricole du Sénégal le www.rondelleplus.org, Iba Mar Faye, Membre de la DyTAES. Selon lui, Il est évident, qu’avec une telle perspective, le processus de la transition, s’inscrit dans le long terme. C’est pour cette raison que, la DyTAES suggère de prendre en charge, dans un premier temps, des recommandations dont le traitement pourrait être engagé, dans le court terme. Ces dites recommandations sont globalement de deux types : celles visant à renforcer les initiatives des acteurs déjà engagés dans l’agroécologie ; et celles concernant la création des conditions de mise en marche du processus de transition à l’échelle nationale. Pour le renforcement des initiatives en cours, la DyTAES recommande, entre autres de : Veiller à la cohérence des politiques et de garantir une prise en compte plus accrue d’activités en lien avec la transition agroécologique dans les actions du Gouvernement ; Réglementer l’utilisation de produits chimiques, notamment pour préserver la qualité de l’eau ; Accompagner les exploitations familiales déjà engagées dans la TAE ou qui souhaitent le faire, par des mesures incitatives telles que des produits d’assurance agricole adaptés, amortissement des risques, formation-appui-conseil ; infrastructures de stockage et conservation ; Subventionner et rendre visibles et accessibles les biofertilisants et les bio pesticides pour les paysans engagés dans l’agroécologie ; Garantir la prise en compte des semences paysannes dans les politiques nationales, les droits des paysans à les échanger en application Traité international sur les ressources phylogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA) et le maintien du principe de précaution face aux OGM dans la loi sur la biosécurité ; Réduire le prix de l’eau productive et créer les conditions d’une bonne application de la GIRE, notamment au niveau local ; Soutenir dans les stratégies de reverdissement, la régénération naturelle des essences forestières par des mises en défens, en plus de l’application des dispositions du code forestier et des initiatives de reboisement ; Promouvoir la simplification des plans d’aménagement pour donner plus de place aux collectivités territoriales et aux communautés dans la gouvernance des forêts ; Soutenir toutes les initiatives de valorisation des ressources alimentaires pour le bétail et de production de cultures fourragères pour favoriser la complémentarité agriculture-élevage ; Promulguer, après avoir pris en charge les recommandations formulées par la société civile, le code pastoral et assurer sa vulgarisation et son application ; Adopter une loi foncière qui sécurise d’abord les droits des sociétés paysannes et des générations futures. Pour ce qui est de la création des conditions de mise en marche du processus de transition agroécologique, la DyTAES recommande de : Mettre en placeun cadre national de dialogue regroupant tous les acteurs pour la transition agroécologique avec les préalables identifiés dans le document de contribution ; Encourager et appuyerfinancièrementdes expérimentations holistiques à l’échelle de communes ou de départements, où les acteurs locaux co-conçoivent et mettent en œuvre un plan territorial de transition agroécologique. Au cours de la première phasede dialogue politique, procéder avec les acteurs, à l’identification des priorités pouvant avoir un effet de levier pour la transition agroécologique et prendre des mesures pour bien les valoriser dans les expérimentations pilotes, ainsi que dans tout le processus de la transition agroécologique. Messieurs, Mesdames, chers participants et participantes à ces JAE, vous l’aurez compris, ce document et ses recommandations, fruit d’un long processus, constituent le premier pas d’un cheminement avec l’Etat, dans le cadre d’un dialogue politique auquel la DyTAES appelle afin de créer un sursaut national décisif pour la transition agroécologique. On ne le dira jamais assez, la TAE telle que nous la percevons, est un processus qui se construit de manière progressive. Mais, nous avons la ferme volonté d’avancer et l’espoir de voir se lancer et se consolider une dynamique nationale irréversible pour que notre pays puisse parvenir à nourrir une population en croissance continue, par des systèmes alimentaires durables adossés à des modes de production, dont la durabilité est garantie.

Par Amadou Tidiane Sow

1er Journal en Ligne Agricole du Sénégal

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