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LE SÉNÉGAL A L’ASSAUT DES MTN, LES FEMMES ET LES ENFANTS DU MONDE RURAL SONT LES PLUS TOUCHÉS

« Nous voulons mobiliser des ressources financières, afin de mettre en œuvre ce plan national de plaidoyer (PNP)… », selon Dr. Fatou Ndiaye Badiane (Coordonnatrice PNL/MTN Sénégal)

« Les maladies tropicales négligées (MTN) sont des maladies qui sont très fréquentes au Sénégal. Dans certaines régions, l’endémicité est très élevée et ce sont des maladies qui posent partout un handicap irréversible, y compris les populations dans un cercle de la dépendance, de pauvreté et nous sommes conscients que ces maladies tant qu’elles existent, il y’aura toujours une partie de la population qui ne se sera pas productive et c’est dans ce contexte que nous avons lancé la lutte contre ces maladies pour essayer d’alléger la souffrance des populations, mais aussi de les autonomiser pour qu’elles puissent être des citoyens productifs pour le pays », a soutenu, lundi matin à Dakar, face à la presse spécialisée sur les questions de santé, Dr. Fatou Ndiaye Badiane, Coordonnatrice du programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNL/MTN). A en croire, Dr. Fatou Ndiaye Badiane, en ces termes : « Au Sénégal, actuellement nous avons 13 maladies, qui sont dans le groupe des maladies tropicales négligées (MTN) et les plus fréquentes sont la bilharziose, la lèpre, la rage…ce sont des maladies qui causent un handicap parfois une mortalité, qui est évitable parce qu’il y’a des moyens efficaces que d’autres, qui nous permettent de lutter contre ces maladies. Toutes les régions sont endémiques, ces maladies sont retrouvées dans toutes les régions, mais à des niveaux vraiment différents, c’est-à-dire, d’une région à une autre, mais les classes sociales les plus touchées, ce sont les populations les plus pauvres de la communauté, qui sont les plus vulnérables, ce sont les populations qui habitent dans des zones reculées, qui n’ont pas accès aux services de santé, qui n’ont pas accès à l’eau potable ou aux services d’assainissement et l’hygiène de base, donc ce sont essentiellement les zones rurales et plus particulièrement les femmes, les enfants, qui sont les couches les plus vulnérables de la société par rapport à ces maladies tropicales négligées. La pauvreté est l’épine dorsale de ces maladies tropicales négligées (MTN) parce que quand on n’est pauvre, on ne peut pas avoir certains niveaux de vie, on ne peut pas avoir accès à l’eau potable, on ne peut pas avoir le minimum pour respecter les conditions d’hygiène et on ne peut pas aussi se soigner quand on est malade (faute d’argent) et il est important de lutter contre la pauvreté pour contribuer à lutter contre ces maladies tropicales négligées ». Selon elle, par rapport à l’évaluation financière, nous avons un plan stratégique qu’on avait élaboré pour la période 2016-2020, nous sommes presque à une année de l’échéance de ce plan, mais il y’a beaucoup d’activités que nous n’avons pu mettre en œuvre parce qu’il y’avait un problème de financement, mais sur ce plan le financement globale s’élève à plusieurs milliards de francs CFA, mais ce que nous avons pu mobiliser, c’est essentiellement pour la distribution de médicaments avec l’appui des partenaires comme l’USAID chaque année pour mettre en œuvre cette stratégie, qui est très couteuse. Nous voulons mobiliser des ressources financières de plus, afin de mettre en œuvre ce plan national de plaidoyer (PNP) pour que ces maladies tropicales négligées (MTN) ne soient plus reléguées au second plan, qu’elles soient considérées comme des maladies prioritaires, parce qu’elles sont très fréquentes, sont handicapantes et elles impactent sur le rendement scolaire, sur la productivité des travailleurs et creusent davantage les inégalités sociales. Pour rappel, les maladies tropicales négligées (MTN) sont un groupe de maladies transmissibles très répandues dans les régions tropicales. Elles touchent plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde, dont 39% vivant en Afrique. Bref, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ces maladies sont à l’origine de plus de 170 000 décès par année à travers le monde. Elles peuvent être prévenues et traitées, mais, néanmoins, elles continuent de causer de graves défigurations et d’autres handicaps à long terme qui créent des obstacles à l’éducation, à l’emploi, à la croissance économique et au développement en général.

Par Amadou Tidiane Sow
www.rondelleplus.org

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