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10 ANS IPAR…DR. PAPA ABDOULAYE SECK, MINISTRE EN CHARGE DE L’AGRICULTURE ET DE L’EQUIPEMENT RURAL

« Le pétrole de demain, c’est le foncier, ce n’est pas le pétrole dont les gens font allusion, le foncier devient plus en plus rare dans le monde… »

« Ceux qui croient que les exploitations familiales, c’est-à-dire, les champs à dimension réduite (petite), vont disparaître n’ont qu’à prendre leur mal en patience, les exploitations familiales continueront à exister, il faut aussi que nous appuyons les exploitations familiales, à les rendre solides si nous voulons assurer notre souveraineté alimentaire, se nourrir de façon suffisante, afin d’exporter et vendre nos produits agricoles issus de ces exploitations familiales à l’étranger », a soutenu ce mardi matin à Dakar, Dr. Papa Abdoulaye Seck, Ministre en Charge de l’Agriculture et de l’Equipement Rural (MAER), face à la presse agricole sénégalaise, dans le contexte du colloque international de l’initiative prospective agricole et rurale (IPAR) en hommage au feu Jacques Joseph Faye, qui marque aussi les 10 ans de l’IPAR dont lui-même est fondateur de ce think tank. A en croire, Dr. Papa Abdoulaye Seck, en ces termes : « Le pétrole de demain, c’est le foncier, ce n’est pas le pétrole dont les gens font allusion, le foncier devient plus en plus rare dans le monde. La quantité la plus importante du foncier se trouve en Afrique, raison pour laquelle on ne peut pas le gaspiller. Le foncier est très important et nous ferons tout pour qu’on ne le gaspille pas ». Pour lui : « Ici au Sénégal, le gouvernement n’est pas pour un marché foncier rural, nous sommes plutôt pour un partenariat gagnant-gagnant entre exploitations familiales et agricultrices, parce que nous avons compris que le pétrole de demain, c’est la terre, elle se raréfie, elle se dégrade, il faut que cette ressource soit sauvegarder d’une manière précieuse dans nos pays ». Par ailleurs, un thème 2 axé sur : « La question foncière au Sénégal et en Afrique de l’Ouest dans un contexte de décentralisation et de territorialisation : situations actuelles, alternatives, portée des réformes en cours ou prévues » sera débattu, demain mercredi 28 Novembre 2018, qui offrira un espace d’échange et de partage sur les enseignements qu’on peut tirer des différentes politiques foncières en lien avec la décentralisation dans la région, en mettant en exergue les expériences nationales ou locales : « réussies ». Sous ce registre, les analyses devront aussi faire ressortir les expériences réussies et/ou prometteuses en matière de développement local/territorial et permettre de cerner les avancées en matière de gestion durable des ressources naturelles. Mieux, une attention particulière sera accordée à l’approche agro-écologique en soulignant les expériences novatrices, les résultats, les difficultés rencontrées, les conditions de mise en œuvre, les changements d’échelle et les perspectives. D’après Oussouby Touré, Sociologue Rural et Consultant : « Sur la question du foncier de mon point de vue au Sénégal, l’apport de Jacques Joseph Faye a été déterminant sur deux points. Le 1er c’est d’avoir focalisé le débat non pas sur la réforme foncière en évitant les pièges juridiques, mais sur la principale porte d’entrée, c’est-à-dire, la politique foncière. C’est Jacques Joseph Faye, qui a expliqué aux décideurs politiques et aux autres acteurs fonciers qu’une réforme foncière renvoie à de multiples enjeux, des enjeux multidimensionnels parfois contradictoires. Il y’a les enjeux de la valorisation économique de la ressource, il y’a les enjeux de la gestion durable, il y’a les enjeux de l’équité qui préoccupent les femmes et les jeunes, donc une réforme foncière renvoie à de multiples enjeux, le débat doit porter sur la clarification de ces enjeux-là, hors nous avons tendance à engager le débat sur des bases juridiques ce qui ne permet pas aux acteurs de faire prendre en compte leur préoccupation. Donc le combat pour l’élaboration d’une politique foncière conçue comme clarification de la ligne d’action politique relative à la ressource foncière, c’est Jacques Joseph Faye qui a pour la première dans ce pays imposé ce débat. Le 2ième apport essentiel de Jacques Joseph Faye a été d’interpeller les organisations de producteur, les organisations paysannes pour leur dire, vous devez élaborer une vision, vous devez définir des propositions et engager le dialogue politique avec l’Etat étant porteur de vision et de proposition et je pense que le CNCR a cheminé dans cette voie-là ».

Par Amadou Tidiane Sow

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