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KEDOUGOU SE TROUVE ENTRE LE MARTEAU DE LA PAUVRETE ET L’ENCLUME DE LA RICHESSE DE SES RESSOURCES MINIERES

« Il nous appartient tous d’agir pour rendre aux enfants leur dignité bafouée et leurs sourires volés… », selon Amath Camara (Directeur de Cabinet, MTDSOPRI)
« Le dynamisme du secteur minier, un des secteurs prioritaires, devra être un vecteur de transformation économique dans la réalisation et la mise en œuvre du nouveau modèle de développement économique et social, bâti sur la prise en compte du besoin de bien-être des populations riveraines, tant en matière de respect de leurs droits humains fondamentaux qu’au niveau de la protection de l’environnement », a soutenu, ce Jeudi matin à Dakar, Amath Camara, Directeur de Cabinet du Ministre du Travail, du Dialogue Social, des Organisations Professionnelles et des Relations avec les Institutions (MTDSOPRI-MANSOUR SY), au cours de la cérémonie d’ouverture de l’atelier de partage du projet de charte d’engagement à l’intention des entreprises pour la protection des enfants dans l’orpaillage traditionnel dans la région de Kédougou. A en croire, Amath Camara, en ces termes : « En effet, au-delà de l’utilisation illégale des enfants dans les travaux dangereux dans l’orpaillage qui nous réunit ce matin, il subsiste diverses questions à enjeu social et sociétal liées notamment au chômage, à la déperdition scolaire, aux migrations internes et sous-régionales du fait de la ruée vers l’or. Les enjeux territoriaux relatifs à la pression sur le foncier y concernent l’expropriation et l’abandon des terres, les déplacements forcés et les réinstallations des communautés autochtones. Pour ce qui est l’impact environnemental on retiendra principalement la dégradation des sols, la pollution de l’air et de l’eau, les nuances sonores, la fragmentation des écosystèmes forestiers et des habitats affectant sévèrement la biodiversité surtout dans un contexte de changement climatique. Les enjeux de gouvernance et de rapports de pouvoir entre Etat, compagnies minières, société civile et collectivités locales, communautés qui, si l’on n’y prend garde, risquent d’exacerber les conflits et désaccords ». Pour lui : « La rencontre qui nous réunit ce matin marque l’invite solennelle que l’Etat adresse aux entreprises minières pour leur contribution à la lutte contre le travail des enfants, le travail forcé et la traite des personnes dans l’orpaillage traditionnel. A cet effet, un projet de charte d’engagement assorti d’une feuille de route leur est proposé ainsi que les autres acteurs impliqués pour son examen, son amendement et, plus tard, soumis pour adoption. Le choix de la Charte à l’intention des entreprises minières obéit au fait qu’elle permet de se donner un cadre éthique pour une RSE agissante centrée sur la protection des enfants astreints aux pires formes dans l’orpaillage à Kédougou par la mise en œuvre de la feuille de route qui lui est assortie. Il nous appartient tous d’agir pour rendre aux enfants leur dignité bafouée et leurs sourires volés tel que préconisé par la cible 8.7 des ODD visant l’élimination du travail forcé, de la traite des personnes et de toute forme de travail des enfants d’ici 2025 ». Pour rappel, Jeune par son âge, car devenu la quatorzième région du Sénégal à la faveur de la réforme administrative de 2008, la région de Kédougou se singularise par ses énormes ressources naturelles (or, fer, marbre, cuivre) qui contrastent paradoxalement avec son statut de région parmi les plus pauvres du Sénégal que lui confèrent les enquêtes statistiques. Toutefois, l’exploitation du métal précieux qui a toujours été une activité de subsistance séculaire réalisée de manière artisanale a connu un boom considérable aussi de la part des entreprises que des activités d’orpaillage.

Par Amadou Tidiane Sow
www.rondelleplus.org

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