environnement

PREVISIONS SAISONNIERES 2017

Du discours scientifique à la mise en œuvre

Après s’être imprégnés des résultats de recherche liés à la caractérisation de la prévision saisonnière des précipitations pour l’hivernage 2017 au Sénégal, les participants de l’atelier  ont listé les différents impacts positifs ou négatifs, selon leurs secteurs d’activités. Cette initiative s’inscrit dans l’appel lancé par Maguèye Marame Ndao, Directeur Général de  l’ANACIM, de rendre le discours scientifique digeste afin de le transmettre aux populations à la base  pour une efficacité dans leurs prises de décisions.

Le groupe gestion des risques et catastrophes qui ont énuméré les impacts potentiels sur la base des résultats de la prévision saisonnière. Pour ces participants au profil divers, on  pourrait être confronté aux phénomènes de foudre et aux risques d’inondations au niveau urbain, rural, ou agricole.  Cet envahissement de terres par les eaux serait à l’origine de la destruction et de l’inaccessibilité des infrastructures (routes, barrages, retenues) entrainant ainsi la réduction de la mobilité et les pertes en vie humaine et des biens matériels. De même, la destruction des cultures et  l’érosion hydrique seraient observées.

Toutefois afin d’atténuer ces risques, ces participants proposent avant tout des campagnes de sensibilisation à l’endroit des populations par rapport à la sauvegarde des ouvrages. Ils recommandent  aussi le curage des canaux et des stations de pompage, l’entretien des digues  pour les parcelles agricoles, le déplacement des populations des zones inondables en mettant en place un dispositif de recasement des populations sinistrées, restructuration des zones inondables, le lâcher d’eau au niveau des barrages, la mise en œuvre de dispositifs antiérosifs (cordons pierreux, haies). Dans le pire des cas, les participants préconisent soit un plan d’engagement visant le déploiement de personnels et matériels sur les sites à risque, soit le déclenchement du Plan national d’organisation des secours (Plan ORSEC). Ce plan comprend un Etat-major de Commandement et les groupes opérationnels suivant les liaisons et transmissions ; la police, la circulation et les renseignements ; les secours et sauvetage ; les soins médicaux et entraide ; le transport et travaux  et les informations et relations publiques.

La prévention des risques sur le volet sécurité alimentaire

À la sortie de cet atelier, les participants ont émis le risque de l’inadaptabilité  des spéculations  utilisées et la difficulté  dans leur choix pour les producteurs et les paysans. Ils sont aussi revenus sur les risques d’inondation des cultures, de la prolifération de ravageurs pendant les pauses pluviométriques, les risques d’enherbement suite à des séquences humides au cœur de l’hivernage et surtout les risques de faux départ pendant l’installation des cultures.

S’agissant de l’élevage, ils ont attiré la vigilance afin de détecter l’apparition des maladies animales favorables à un excès d’humidité. Ils envisageraient aussi la destruction des pâturages suite aux inondations. Et, ils craignent l’alourdissement du sol qui entrainerait les difficultés d’usage des engins voire leur inutilisation.

Cependant dans le souci d’atténuation, ils proposent la mise en place d’un programme d’adaptation dédié au choix variétal, à la disponibilité à temps des intrants, à l’éviction des zones inondables, à l’acquisition des quantités suffisantes de produits phytosanitaires, à l’établissement du calendrier des périodes de traitements phytosanitaires et  au repositionnement des matériels de traitement phytosanitaire très tôt dans le secteur agricole. Dans le secteur de l’élevage, il est recommandé d’anticiper la vaccination du cheptel et la constitution de réserves fourragères. En guise de recommandations, les acteurs souhaiteraient avoir les données météorologiques actualisées et à temps  pour une meilleure planification. Ils attendent des agents de l’ANACIM des prévisions détaillées pour être informer de la date idoine pour l’implantation des premiers semis, des dates probables de début et de fin de saison reparti de façon spatiotemporelle, des précisions sur la quantité des précipitations attendues durant l’hivernage.

Allo santé !

Les prévisions saisonnières permettent de s’attendre à un hivernage humide. A cet effet, les acteurs de la santé resteraient en alerte sur les risques d’augmentation des maladies à  transmission vectorielle  telles que le paludisme, la dengue, le choléra et le risque de fièvre jaune à Tambacounda. Ils signalent les risques de traumatismes dus aux chutes pour les personnes vulnérables et les perturbations psychosociales du fait des déplacements de populations en cas d’inondations.

Pour mieux faire face, ils suggèrent une large sensibilisation des populations d’une part et des agents de santé d’autre part. En outre, le renforcement du service d’hygiène (saupoudrage, curage), la distribution des moustiquaires imprégnées et la disponibilité, l’accessibilité et une grande quantité  des produits et médicaments essentiels au niveau des structures sanitaires sont des actions à mener.  L’accès à l’information météorologique et climatique continue permettra d’élaborer un  bulletin climat/santé afin de dynamiser et redéployer le personnel de santé dans les endroits nécessitant leur présence d’urgence.

Les acteurs souhaiteraient recevoir les informations sur la rosée, l’humidité, l’ensoleillement, les vagues de chaleur.

L’accès à l’eau et l’énergie, un challenge à relever

Le groupe ressource en eau et énergie ont scindé en deux les impacts de l’hivernage 2017.D’une part, l’annonce des précipitations normales voire au-dessus de la normale  durant les mois de juillet à septembre permettrait de recharger la nappe d’eau souterraine ainsi réduisant le pompage de cet or bleu. On aurait une bonne production énergétique ; car, le Sénégal dépend encore en majorité de l’énergie hydroélectrique en attendant l’optimisation du mix-énergétique (eau et soleil). D’autre part,  une forte pluviométrie serait à l’origine des inondations, des érosions hydriques des sols menaçant ainsi les ouvrages de franchissement. Les localités pourraient faire face à la saturation du réseau d’évacuation des eaux pluviales et aux risques d’exposition à des rayonnements ionisants. Alors, pour participer à la mitigation, il faudrait établir un programme de gestion des inondations en se basant sur les prévisions du nombre de précipitations. Ce programme mettra en place un dispositif d’alerte, proposerait une gestion appropriée des ouvrages antiérosifs (diguette en cadre, enrochement) et les  grands ouvrages et un bon suivi hydrologique. Il serait possible de reboiser afin de faciliter l’infiltration de l’eau.

Enfin, il est suggéré à l’Institut Nationale de Pédologie (INP) de procéder au calcul et suivi de la réserve utile du sol ;  de cultiver des  spéculations bioénergétiques en prenant en compte les prévisions saisonnières et à l’ANACIM d’établir une collaboration fructueuse avec la Direction Météorologique National de Guinée pour un meilleur suivi des précipitations du Fouta-Djalon.

La synergie des besoins

Certaines  recommandations vis-à-vis des besoins sont partagées par tous les groupes. Ils souhaiteraient une amélioration de la qualité de la prévision en réduisant l’incertitude et la connaissance des tendances de prévisions saisonnières sur une échéance de 6 mois. Et, ceci ne passera que par le maillage du réseau d’observation météorologique et la collaboration entre structures techniques pour densifier le réseau d’observation pour affiner la prévision comme le demande Dr. Ousmane Ndiaye : « Nous vous invitons à participer à partager les données que vous détenez au niveau local pour mieux affiner les prévisions saisonnières ».

 

 

                                             Par Charlène MOUBOULOU

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