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ACCES ET CONTROLE DES TERRES AGRICOLES EN LEUR FAVEUR

Les femmes rurales africaines formulent 15 demandes d’actions politiques à l’attention des décideurs du secteur agricole…

« Nous demandons 30% des terres agricoles au profit des femmes du monde rural, nous les femmes urbaines nous n’avons pas besoin, mais les terres agricoles doivent revenir aux braves femmes rurales », a soutenu, ce Mardi matin à Dakar, l’Ingénieur Agronome, Fatou Gaye Sarr, au cours d’un atelier d’information sur l’Initiative Kilimandjaro pour l’accès et le contrôle des terres par les femmes.

Plus de 400 femmes rurales africaines venant de 22 pays d’Afrique (8 sénégalaises) se sont retrouvées au pays de Julius Gnéréré, c’est-à-dire la Tanzanie, au mois d’Octobre de l’année dernière (10 et 15 Octobre 2016), notamment au pied du Kilimandjaro. Parmi elles, une délégation de 30 femmes rurales fera ensuite l’ascension de ce sommet mythique. En effet, cette action inédite visait à défendre les droits des femmes rurales à la terre et aux ressources naturelles. Ainsi, le contexte révèle que la problématique du droit de la femme à la propriété foncière reste une forte préoccupation du développement durable eu égard aussi au contexte de la gestion durable des ressources naturelles et de la réduction de la pauvreté. Sous ce registre, l’engagement des acteurs de la société civile relève du regrettable constat général de la faiblesse notoire de l’accès et du contrôle des terres par les femmes au Sénégal sur la base de paramètres inégalitaires persistants et un processus de socialisation favorables à cette discrimination. De ce fait, l’incidence négative de l’ensemble de ces facteurs sur la situation économique et sociale des femmes génère et consolide la tendance à la féminisation de la pauvreté au Sénégal. Par ailleurs, plus de 70 femmes issues du monde rural sénégalais sont, ce Mardi matin à Dakar, pour parler de l’accès et du contrôle des terres par les femmes, dont l’objectif principal est de promouvoir l’initiative Kilimandjaro et la charte globale de femmes africaines adoptée à Arusha par l’assemblée des femmes rurales lors de l’ascension du mont Kilimandjaro. Selon une étude de la FAO, plus de 60% des femmes constituent la main d’œuvre dans le secteur agricole en Afrique subsaharienne, 15% des femmes agricultrices sont propriétaires de leurs exploitations agricoles dont 10% ont accès aux crédits en Afrique de l’Ouest. Elles seraient à l’origine de 60 à 80% de la production alimentaire du continent. Elles travailleraient 12 heures de plus que les hommes agriculteurs. Pour rappel, parmi les 15 recommandations des femmes rurales africaines afin d’accéder aux terres agricoles on peut citer : « l’autonomisation des femmes en leur permettant d’accéder à leurs droits fonciers, à la technologie et aux ressources financières pour améliorer leurs moyens de subsistances et celui de leurs familles, la traduction des politiques et les lois foncières en des langues locales accessibles, l’inventaire numérique des terres publics, communautaires, et privées de sorte que toutes les terres soient identifiées, enregistrées et rendues publiques pour la sauvegarde, la participation des femmes à 50% dans les organes de prise de décision et de mise en œuvre du foncier, y compris dans la détermination de la valeur des terres et le paiement des compensations pour les ressources naturelles afin qu’elles puissent exercer et défendre leurs droits, l’obligation des gouvernements d’éviter les investissements portant sur le foncier qui évincent et ou délocalisent les communautés rurales, en particulier les femmes et les enfants, le droit pour les femmes et les communautés de donner leur avis sur le type et le genre d’entreprises qui peuvent investir dans leurs communautés. L’investisseur doit être tenu de fournir des informations sur les impacts de leur investissement (durabilité-économique, environnemental, sanitaire, social et infrastructurel, l’obligation des gouvernements de réglementer les activités des entreprises et des investisseurs qui polluent l’environnement et affectent négativement la santé des communautés, en particulier des femmes et des enfants… ». A en croire, Fatou Gaye Sarr, Ancienne Ministre de l’Agriculture et Membre du conseil économique social et environnemental (CESE), en ces termes : « Nous demandons 30% des terres agricoles au profit des femmes du monde rural, nous les femmes urbaines nous n’avons pas besoin, mais les terres agricoles doivent revenir aux braves femmes rurales ».

Par Amadou Tidiane Sow

www.rondelleplus.org

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