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GAOUSSOU GUEYE, PRESIDENT CAOPA

par Amadou Tidiane Sow 24 avril 2018 0 commentaire
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« Ce qu’il faut combattre d’abord au niveau de la pêche INN, c’est la corruption parce que quand la pêche INN se développe, c’est parce qu’il y’a la corruption derrière… »
Aujourd’hui, 100 millions d’hommes et de femmes sont employés dans la pêche artisanale africaine qui contribue pour 60% à la production du secteur. La plus grande partie de ce poisson sert à nourrir les populations locales. Plus de 200 millions d’africains dépendent du poisson comme principale source de protéines, de vitamines et de micro nutriments (oligo éléments), a constaté ce lundi matin à Dakar, le reporter du premier journal en ligne agricole, pastoral et halieutique du Sénégal le www.rondelleplus.org, au cours de la rencontre nationale de réflexion et de sensibilisation sur les directives volontaires pour assurer une pêche artisanale durable, dont l’objectif principal est d’échanger sur l’approche des directives avec les professionnels de la pêche artisanale, la société civile, les administrations concernées, y compris la recherche pour une mise à niveau des parties prenantes. Ainsi, la production du sous-secteur estimée annuellement entre 60% et 80% des débarquements totaux du secteur le situe en bonne place dans l’économie nationale avec un PIB estimé à 3,2%. Sous ce registre, sa contribution au budget de l’Etat, l’approvisionnement des industries exportatrices et corrélativement l’apport en devises induit illustrent ce rôle déterminant. Toutefois, ce sous-secteur est confronté à de nombreuses contraintes aussi bien en ce qui concerne la gestion des pêcheries que l’exploitation et l’utilisation des ressources qui tendent à freiner son dynamisme et hypothéquer sa durabilité. « Jamais il y’a eu un instrument en tout cas pour la pêche artisanale, mais quand même il faut comprendre que les directives, elles sont volontaires, c’est des directives qui garantissent pour une pêche artisanale durable et dans ce cas il faut une participation massive de ces directives. Non seulement l’administration où le Ministère de la Pêche, les Professionnels, mais il y’a d’autres structures, d’autres ministères tels que l’éducation, la santé, tourisme…et même les communicants, ils ont leurs parts à jouer pour l’application de ces directives. Les organisations professionnelles ont l’obligation de rendre compte, il ne faut pas tout simplement comprendre que l’obligation de rendre compte, c’est uniquement l’administration ou les autres, il y’a aussi les questions de transparence, il y’a aussi les questions de la démocratie, donc tout ça a été évoqué au niveau des professionnels et de la société civile. Maintenant, tout le monde a compris qu’on ne peut pas gérer la ressource seule. Certes, au niveau institutionnel la ressource appartient aux populations, l’Etat ça lui incombe la gestion, la rationalité et la transparence. Aujourd’hui, tout le monde a compris que pour gérer la ressource, il faut qu’il y’est un ensemble, donc il faut qu’il y’est un mouvement participatif pour pouvoir promouvoir la cogestion parce qu’aujourd’hui seul l’état ne peut plus gérer la ressource et nous avons vu qu’au Sénégal la ressource se raréfie. Le Sénégal ne peut plus baser sa politique de pêche en demandant des licences par si et par là, non, c’est très possible de reconstituer la ressource, mais il faudra quand même faire la différence entre le débarquement et les captures. Les produits commercialisés débarqués au Sénégal ça fait presque 300 tonnes, mais où est ce qu’on l’a pêché ? Est-ce-que, c’est au Sénégal ou dans les pays limitrophes, donc il serait bien, aujourd’hui, en termes de statistiques, de données qu’on nous dise ces produits par qui et où », a soutenu face à la presse, Gaoussou Gueye, Président de la Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de la Pêche Artisanale (CAOPA). Pour lui : « Aujourd’hui, ce qu’il faut peut-être à travers les directives améliorer justement ces statistiques et ces données, qui est un pilier, un élément fondamental pour gérer la pêche. Si la pêche sénégalaise est en retard, c’est du fait d’une mauvaise gouvernance et quand je parle de mauvaise gouvernance, ce n’est pas l’administration, ce n’est pas l’état, mais c’est un ensemble, même les professionnels de la pêche sont les responsables. Les pêcheurs et l’ensemble des communautés côtières doivent avoir un comportement citoyen et cette ressource-là appartient aux citoyens sénégalais, nous devons participer à la bonne gestion de ces ressources halieutiques parce que c’est notre métier. Aujourd’hui, la base alimentaire du Sénégal, c’est le poisson, mais imaginer demain si on n’a plus de poissons, mais comment les sénégalais vont manger ». A en croire, Gaoussou Gueye, en ces termes : « La solution d’abord pour une bonne gestion de la ressource halieutique, il faut avoir un comportement normal, changer de comportement, changer également de paradigme et ça on ne peut pas le faire dans l’indiscipline. Il faut que nous soyons disciplinés à tous les niveaux sur les prises de décisions. C’est-à-dire, on ne peut pas voter un code de la pêche et passer outre et généralement moi pécheur je viole la loi, mais c’est d’autres certainement qui ont voté la loi ou bien qui l’ont mis sur place qui viennent même demander des interventions, ça pose des problèmes. Justement, c’est pour cela je parle d’application de la réglementation, le port de gilet est obligatoire, c’est le code de la pêche qui l’a défini et donc si les gens sont assez indisciplinés pour ne pas porter le gilet, il faut appliquer la loi parce qu’on ne peut pas laisser nos pêcheurs mourir comme ça en mer, c’est des citoyens sénégalais, c’est des enfants du Sénégal, donc parer à tout cela, il faut appliquer la loi dans ce sens, y compris le monofilament, il faut appliquer la loi. Maintenant, pour la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN), il faut la combattre, mais ce qu’il faut combattre d’abord au niveau de la pêche INN, c’est la corruption parce que quand la pêche INN se développe, c’est parce qu’il y’a la corruption derrière et pour parer à tout cela maintenant, il faut aller vers la transparence ». D’après lui : « Il y’a un cadre de transparence au niveau international, au niveau mondial. Le citoyen doit savoir, pour moi la première règle de transparence, c’est l’accès à l’information, mais si le sénégalais ne sait pas quel accord on n’a signé avec l’Union Européenne (U.E), quel accord on n’a signé avec la Chine, à la Russie et autres, il y’a des problèmes de transparence qui se posent, donc si nous avons également les licences attribuées, les amendes payées, si l’information est accessible, moi je pense qu’il n’y aura plus de suspicion et les sénégalais vont savoir à quoi s’en tenir ». Pour rappel, dans un contexte où la France a reconstitué son stock en ayant une mer poissonneuse en prenant des mesures et des décisions courageuses, le Sénégal est dans une surcapacité de pirogue en ce qui concerne la pêche artisanale. Bref, le Sénégal peut-il prendre des mesures et des décisions courageuses au profit d’une mer poissonneuse plus sa bonne main d’œuvre ?

Par Amadou Tidiane Sow

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